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Le besoin de greffes de foie pour la co-infection VIH-VHC




 

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La grande accessibilité des combinaisons de médicaments puissants contre le VIH (couramment appelées multithérapies ou TAR) au Canada, en Australie et en Europe occidentale a donné lieu à un déclin spectaculaire de la mortalité liée aux infections caractéristiques du sida. Dans ces pays, les personnes qui contractent le VIH aujourd'hui et qui s'engagent à suivre leur traitement et à prendre leurs soins au sérieux peuvent s'attendre à connaître une espérance de vie quasi-normale.

Co-morbidités

Cependant, pour les personnes séropositives atteintes d'affections co-existantes, particulièrement celles liées à la consommation de substances, des mesures additionnelles seront nécessaires pour prolonger leur espérance de vie, dont les suivantes :

  • soutien pour arrêter de fumer
  • dépistage et traitement de la dépression
  • soutien pour surmonter les dépendances
  • dépistage et traitement des hépatites virales, notamment les virus de l'hépatite B et C
  • dépistage et traitement des complications causées par le virus du papillome humain (VPH)
  • vaccinations contre les virus de l'hépatite A et B, et peut-être contre le VPH

Risques d'hépatites virales

Bien que la mortalité due aux infections liées au sida ait diminué considérablement dans les pays à revenu élevé, les maladies et les décès découlant des complications de l'infection au virus de l'hépatite C (VHC) sont à la hausse parmi les personnes vivant avec le VIH. Aujourd'hui, le VHC se transmet couramment par le partage de matériel contaminé qui a servi pour la consommation de drogue et par les rapports sexuels anaux non protégés, particulièrement parmi les hommes gais et bisexuels atteints du VIH. L'exposition au matériel de tatouage ou de perçage corporel non stérilisé peut aussi causer l'infection par le VHC. Dans les pays à revenu élevé, le VHC (et le VIH) se transmettaient autrefois par l'exposition aux dons de sang ou aux produits sanguins contaminés, mais les systèmes d'approvisionnement en sang sont sécuritaires de nos jours dans les pays à revenu élevé.

Lésions au foie

Le VHC infecte le foie. Pendant que le système immunitaire tente de débarrasser le foie du virus, une inflammation se produit et les tissus sains sont remplacés par du tissu cicatriciel inutile. À mesure que la destruction du foie se poursuit lentement, des changements dans l'architecture du foie se produisent et les vaisseaux sanguins éprouvent de la difficulté à approvisionner l'organe endommagé en sang. La pression à l'intérieur des vaisseaux sanguins du foie monte, augmentant les risques d'hémorragies dans l'organe et les intestins. Une accumulation de liquide sujet à l'infection par des bactéries risque d'avoir lieu dans l'abdomen. De plus, le flux sanguin vers les reins peut être perturbé dans certains cas d'infection chronique au VHC, ce qui augmente les risques de dysfonction rénale. Tous ces changements nuisibles dans le foie, les intestins et les reins causent une accumulation de produits de déchets dans le sang qui nuit à la fonction cérébrale. Le risque de développer un cancer du foie augmente aussi à mesure que les lésions hépatiques s'accumulent.

Ainsi, pour rester en bonne santé, il est important d'éviter les comportements qui augmentent les risques d'infection par le VHC et, si l'on court des risques, il est important de procéder à un dépistage du VHC.

Traitement

Le traitement du VHC repose sur une combinaison de trois médicaments :

  • l'immunostimulant interféron-alpha (par injection une fois par semaine)
  • l'antiviral à large spectre ribavirine (par voie orale deux fois par jour)
  • le médicament anti-VHC bocéprévir ou télaprévir (par voie orale toutes les huit heures)

Lors des essais cliniques, on a obtenu des taux élevés de guérison auprès des participants mono-infectées (VHC seulement) qui recevaient cette triple combinaison.

Des essais cliniques sur des personnes co-infectées par le VIH et le VHC sont en cours, mais la prudence est nécessaire à cause de la possibilité d'interactions entre certains médicaments utilisés contre le VIH et ceux utilisés pour le traitement du VHC.

Transplantation du foie

Lorsque les lésions hépatiques causées par le VHC sont sévères ou qu'il y a un cancer du foie, les patients sont habituellement très malades et ont besoin d'une greffe de foie. En Amérique du Nord, on accorde un soutien mitigé aux personnes co-infectées qui souhaitent recevoir une greffe de foie. Historiquement, la question de l'immunosuppression se trouve au cœur de la réticence de certains. Pour assurer la réussite de la greffe, le système immunitaire du receveur du foie doit être supprimé, sinon il s'attaquerait au nouvel organe. Ainsi, en plus de l'impact négatif du VIH sur son système immunitaire, le receveur ferait face au fardeau potentiel d'une immunosuppression additionnelle.

Des greffes d'organes ont été tentées chez des personnes séropositives à l'époque précédant l'avènement de la multithérapie. De façon générale, les personnes séropositives qui faisaient l'objet une greffe d'organe à cette époque-là survivaient peu de temps. De nos jours, des médecins des États-Unis et de l'Europe occidentale ont acquis de l'expérience en réussissant des greffes de rein et de foie chez des personnes vivant avec le VIH. De plus, des essais cliniques de petite envergure ont montré qu'il était possible de réussir une greffe de foie sans causer de dommages durables au système immunitaire des personnes séropositives.

Maintenant, il est nécessaire que davantage de chirurgiens acquièrent de l'expérience de la transplantation d'organes chez les personnes vivant avec le VIH. Et les équipes de transplantation ont besoin de plus d'expérience afin de pouvoir choisir des candidats co-infectés appropriés et réduire les temps d'attente pour améliorer leurs chances de survie.

Dans notre prochain bulletin de Nouvelles-CATIE, nous rendons compte d'un essai clinique récent sur la transplantation du rein et du foie chez des personnes co-infectées par le VIH et le VHC.

RÉFÉRENCES :

  1. Vibert E, Duclos-Vallée JC, Ghigna MR, et al. Liver transplantation for hepatocellular carcinoma: the impact of human immunodeficiency virus infection. Hepatology. 2011 Feb;53(2):475-82.
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  4. Stock PG, Barin B, Murphy B, et al. Outcomes of kidney transplantation in HIV-infected recipients. New England Journal of Medicine. 2010 Nov 18;363(21):2004-14.
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Information in this article was accurate in May 2, 2012. The state of the art may have changed since the publication date. This material is designed to support, not replace, the relationship that exists between you and your doctor. Always discuss treatment options with a doctor who specializes in treating HIV.