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Var: un an ferme pour avoir sciemment transmis le virus du sida

February 16, 2012

DRAGUIGNAN (Var), 16 fév 2012 (AFP) - Un éducateur spécialisé, reconnu
coupable d'avoir sciemment transmis le virus du sida à deux partenaires, a été
condamné jeudi par le tribunal correctionnel de Draguignan à deux ans de
prison, dont un an avec sursis et mise à l'épreuve pendant trois ans.

Cet homme de 39 ans, originaire d'Avignon (Vaucluse), était poursuivi pour
"administration de substances nuisibles suivie de mutilation ou infirmité
permanente".

Le tribunal a accompagné la peine, qui se déroulera sous bracelet
électronique, d'une obligation de soins psycho-thérapeutique. Il a également
accordé une provision de 30.000 et 50.000 euros à chacune des deux victimes.

La procureure de la République Catherine Doustaly avait requis trois ans de
prison "avec un sursis partiel ou total". "C'est un comportement suicidaire
pour lui mais criminel pour les autres, réitéré sur plusieurs années",
a-t-elle dénoncé.

Les faits remontent entre 2003 et 2006, période au cours de laquelle
Christophe Veyron, alors infirmier à Brignoles (Var), a eu des relations
"sentimentales" avec des rapports sexuels non protégés avec deux partenaires
de Carpentras et de Perne-les-Fontaines (Vaucluse).

L'un et l'autre ont toujours affirmé que Veyron les avait rassurés, leur
affirmant qu'il était "clean". A l'un d'eux, il avait même produit un résultat
d'analyses négatif qui s'avérera avoir été falsifié.

L'enquête conduite par les gendarmes a mis en évidence le fait que Veyron,
qui a toujours refusé d'effectuer des tests de dépistage, se savait contaminé
par un ancien partenaire.

Ce qu'il a nié à la barre. Selon le psychiatre, il était dans "un déni face
au réel de sa maladie".

Pour son avocat Me Michel Roubaud, qui a plaidé la relaxe, "l'élément
intentionnel est impossible à caractériser".

"Au lieu de donner l'amour, il a donné la mort, une mort qu'on ne voit pas
mais une mort latente", a plaidé en partie civile Me Isabelle Colombani,
rappelant que ses clients "portaient la mort en eux".

Le 14 février, un chauffeur de bus de 38 ans, condamné par le passé à six
ans de prison pour avoir contaminé deux de ses partenaires, "dont l'une
s'était suicidée, a été mis en examen et écroué à la maison d'arrêt
d'Aix-Luynes (Bouches-du-Rhône) pour des faits similaires.

Les associations sont en général réservées sur cette pénalisation des
contaminations.




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