CITE DU VATICAN, 19 jan (AFP) - Le Vatican est resté de marbre mercredi à l'annonce de la prise de position de l'épiscopat espagnol en faveur du préservatif contre le Sida, convaincu de le faire rentrer dans le rang, comme il l'avait déjà fait avec les évêques français en 1996.
Devant le trouble provoqué par les déclarations de son secrétaire général et porte-parole, Juan Antonio Martinez Camino, sur "la place du préservatif dans la prévention intégrale et globale du Sida", la Conférence épiscopale espagnole a annoncé mercredi une "mise au point".
La situation rappelle celle provoquée en 1996 par un document de l'épiscopat français -- Sida, la société en question -- jugeant le préservatif "un moyen de prévention nécessaire".
Quelques jours après la publication de ce document, le président de la commission sociale des évêques de France, Mgr Albert Rouet, avait jugé "abusif et erroné de présenter le travail de la commission sur le Sida comme une rupture avec l'enseignement de l'Eglise, voire une opposition".
A l'époque, le Vatican n'avait pas pris officiellement position sur le document de l'épiscopat français, mais un de ses dignitaires, Mgr Fiorenzo Angelini, président du conseil pontifical pour la Santé, avait accusé la presse internationale de vouloir "allumer un incendie sur ce thème".
Neuf ans plus tard, le Vatican s'est également refusé à toute déclaration officielle sur les déclarations du secrétaire général de la conférence épiscopale espagnole.
Mais le secrétaire du conseil pontifical pour la santé, l'évêque espagnol José Luis Redrado Marchite, a déclaré à l'AFP douter que l'Eglise de son pays ait décidé de rompre avec la ligne officielle du Vatican qui interdit le recours aux préservatifs comme moyen de prévention contre cette épidémie et recommande l'abstinence.
"Il y a 40 moyens offerts par les scientifiques pour combattre le sida. Le préservatif est l'un de ces moyens. J'estime que le porte-parole de la conférence épiscopale espagnole, le père Juan Antonio Martinez Camino, s'est borné à dire cela", a affirmé Mgr Redrado Marchite.
Le Vatican tient visiblement bien ses troupes. Toutes les conférences épiscopales interrogées par l'AFP ont affirmé "rester sur la ligne de Rome".
Certaines ont refusé de répondre ou ont exigé "une "demande formelle écrite au président de la Conférence épiscopale".
"Nous sommes sur la même ligne que Rome", ont ainsi assuré les évêques suisses. L'Eglise catholique croate a pour sa part affirmé être "contre l'utilisation du préservatif".
"Ce sujet n'a jamais été abordé par la conférence épiscopale autrichienne", a pour sa part affirmé son porte-parole Erich Leitenberger.
La Conférence épiscopale allemande et l'Eglise catholique des Pays-Bas ont dit ne pas encore connaître exactement la teneur des propos du secrétaire général de la Conférence épiscopale espagnole.
"On nous a dit qu'une déclaration détaillée devait être faite aujourd'hui et nous ne voulons pas commenter à ce stade", a expliqué le porte-parole du secrétariat de la conférence épiscopale aux Pays-Bas, Jan Willem Wits.
Seule l'Eglise belge a une position plus nuancée. "Nous défendons l'idéal d'une vie affective et sexuelle stable dans le cadre du mariage. Mais ceux qui n'ont pas les capacités de vivre cet idéal, ceux qui ont une vie sexuelle autre, papillonnante, doivent prendre leurs responsabilités, et doivent prendre les moyens nécessaires pour ne pas propager le Sida", a déclaré le père Eric de Beukelaer, porte-parole des évêques de Belgique.
Le secrétaire du conseil pontifical pour la santé a tenu des propos similaires à l'AFP.
"Certes, le préservatif peut être une solution plus facile que l'abstinence. C'est vrai aussi que pour certains, l'abstinence peut s'avérer un traumatisme. Mais il faut qu'un catholique soit cohérent avec sa foi", a affirmé Mgr Redrado Marchite.
050119
AF050154_FR
© Agence France-Presse 2005. Tous droits de reproduction et de représentations réservés. Toutes les informations, textes, photos, graphiques reproduites sur ce site ainsi que le logo de l'AFP sont protégés par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'Agence France-Presse. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. http://www.afp.com/
AEGiS is a 501(c)3, not-for-profit, tax-exempt, educational corporation. AEGiS is made possible through unrestricted grants from Boehringer Ingelheim, Elton John AIDS Foundation, the National Library of Medicine, Bridgestone Firestone Trust Fund, and donations from users like you. Always watch for outdated information. This article first appeared in 2005. This material is designed to support, not replace, the relationship that exists between you and your doctor.
©1990, 2005 - AEGiS. AEGiS presents published material, reprinted with permission and neither endorses nor opposes any material. All materials appearing on AEGiS are protected by copyright as a collective work or compilation under U.S. copyright and other laws and are the property of AEGiS, or the party credited as the provider of the content.