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Sixième congrès international sur le traitement médicamenteux de l'infection au VIH: une question d'accès...et d'effets secondaires

Alan Boutilier and Sean Hosein
CATIE News: Décembre 16, 2002 click here for english language version of article

Depuis très longtemps, le sida est considéré par plusieurs comme une maladie des hommes gais. Ce fut particulièrement le cas durant les années 80, époque où l'on entendait parler de la maladie pour la première fois. Par conséquent, certaines femmes séropositives n'ont pris conscience de leur état qu'au moment de présenter de graves symptômes de l'infection, c'est-à-dire après que la maladie avait progressé. De plus, il est possible que le profil stéréotypé du patient sidéen ait influé sur les soins que certains médecins prodiguaient aux femmes, notamment en ce qui concerne le dépistage du VIH. S'ajoutaient à cela plusieurs autres facteurs — dont le manque de réseaux de soutien pour les femmes séropositives durant les premières années de l'épidémie, les responsabilités des femmes envers leur famille, leur condition socioéconomique inférieure et la violence conjugale — qui auraient pu contribuer à écourter la survie des femmes séropositives comparativement aux hommes.

Depuis plusieurs années, des chercheurs en Italie et au Royaume-Uni suivent l'état de santé d'un grand nombre de femmes et d'hommes séropositifs. Ils ont analysé les informations dans leur base de données afin de relever des différences entre les sexes en ce qui concerne les critères suivants :

Détails de l'étude

Entre 1996 et février 2001, les chercheurs ont recruté 3 658 sujets séropositifs (37 % de femmes, 63 % d'hommes) qui avaient le profil suivant au début de l'étude :

Hommes :

Femmes :

Résultats

Selon les chercheurs, les proportions suivantes de sujets ont amorcé un traitement après être admis à l'étude :

Les chercheurs ont regroupé les hommes et les femmes qui s'étaient inscrits à l'étude à plus ou moins le même moment. En moyenne, ils ont constaté que les hommes avaient amorcé le traitement trois mois avant les femmes et ce, malgré le fait qu'ils aient commencé l'étude au même moment.

Après avoir analysé les données, cependant, les chercheurs ont remarqué que, malgré le début plus précoce du traitement chez les hommes, les deux sexes ont commencé le traitement au moment qui convenait à leurs besoins médicaux, compte tenu du nombre de cellules CD4+ et de la charge virale. Cela laisse entendre que les médecins respectaient les lignes directrices thérapeutiques dans la même mesure chez les deux sexes, du moins en ce qui concerne l'amorce du traitement.

Type de traitement

Les chercheurs ont également pris en considération la complexité du premier traitement offert aux sujets séropositifs. Ils ont trouvé ce qui suit :

Les raisons pour lesquelles certaines femmes ont reçu des combinaisons moins complexes n'ont pas été élucidées.

Interruption du traitement

Les chercheurs ont évalué les données portant sur l'arrêt du traitement. Ils s'intéressaient particulièrement aux PVVIH qui avaient interrompu leur médication pendant trois mois ou plus. Cette analyse a débouché sur les résultats suivants :

Maladies liées au sida

Un total de 147 sujets ont présenté des infections opportunistes et/ou des cancers au cours de l'étude. En tout, on a déploré 43 décès, dont neuf n'étaient pas attribuables au VIH (des accidents, par exemple). Aucune différence majeure n'a été relevée entre les sexes en ce qui concerne les maladies secondaires au sida et les décès.

Recherches futures

Quoique intéressante, cette étude soulève plusieurs questions :

Nous espérons que cette équipe de recherche tâchera de résoudre ces questions et d'autres en ce qui a trait aux soins et aux traitements offerts aux hommes et aux femmes vivant avec le VIH.

Sean R Hosein

RÉFÉRENCE

Murri R, Cozzi-Lepri A, Phillips AP, et al. Access top antiretroviral treatment, incidence of sustained therapy interruptions and risk of clinical events according to gender: evidence from the ICONA study.Sixth International Congress on Drug Therapy in HIV Infection, 17-21 November 2002, Glasgow. Plenary lecture 6.4

20021216
CATF-N20021202


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