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Sixième congrès international sur le traitement médicamenteux de l'infection au VIH: Un vaccin topique sera bientôt à l'étude

Alan Boutilier and Sean Hosein
CATIE News: Décembre 17, 2002 click here for english language version of article

La plupart des citoyens et des résidents légaux des pays riches peuvent accéder facilement à un traitement anti-VIH. Toutefois, la vaste majorité des PVVIH habitent des pays pauvres où l'accès aux médicaments est presque impossible. En plus des médicaments anti-VIH, les PVVIH vivant dans ces pays ont besoin de ce qui suit :

De nombreuses années pourraient s'écouler avant que ces besoins fondamentaux ne soient rencontrés. Entre-temps, sur fond de guerres civiles et de famine, le VIH/sida continuera de se répandre, laissant dans son sillage des millions de morts et d'orphelins, de la misère, des économies affaiblies et des communautés endeuillées au bord de la désintégration, notamment en Afrique subsaharienne. Face au financement inadéquat du « Plan Marshall », il n'est pas surprenant que le meilleur espoir de prévention et de ralentissement du sida réside dans la mise au point d'un vaccin efficace.

Les chercheurs ont de la difficulté à développer un vaccin efficace contre le VIH parce le virus mute (change de structure) très rapidement. De plus, contrairement à d'autres maladies contre lesquelles il existe des vaccins efficaces, le VIH infecte des cellules du système immunitaire qui sont essentielles pour lutter contre le virus. Plusieurs tentatives de conception d'un vaccin ont échoué pendant les années 90 — autant chez le singe que chez l'humain — parce que le VIH est une cible très difficile à atteindre. Toujours est-il que les immunologistes ont besoin de fonds supplémentaires pour expérimenter des approches novatrices en ce qui a trait à la conception d'un vaccin anti-VIH.

Dans la section suivante, nous parlons d'une catégorie de vaccins spéciale qui pourrait être utilisée à titre de traitement chez les PVVIH. Les produits en question s'appellent des « vaccins thérapeutiques ». DermaVir en est un exemple.

DermaVir

DermaVir se distingue des autres vaccins anti-VIH en ce qu'il est appliqué sur la peau plutôt qu'injecté. Que renferme DermaVir? Il s'agit d'un mélange de matériel génétique extrait du VIH. Après être appliqué sur une petite surface cutanée, DermaVir stimule les cellules immunitaires (y compris les CD8+ et les cellules de Langerhans) situées dans la peau. Le vaccin contribuerait à activer ces cellules de sorte qu'elles puissent reconnaître et lutter contre le VIH. Il se pourrait donc qu'il soit utile pour maîtriser l'infection chez les PVVIH.

Une affaire de singes

Le virus de l'immunodéficience simienne (VIS) provoque chez le singe une maladie qui ressemble au sida. Avant d'éprouver les vaccins chez des humains, les chercheurs les mettent souvent à l'essai chez des singes. Une équipe a donc créé une version de DermaVir à partir d'éléments du VIS. Lors des premiers tests réalisés chez quelques animaux, l'exposition à DermaVir s'est avérée sans danger mais le vaccin n'est pas parvenu à aider le système immunitaire des animaux à maîtriser le VIS.

Retour à la case départ

Les chercheurs se sont rendu compte que l'infection au VIS avait affaibli le système immunitaire des singes à un point tel qu'ils ne pouvaient pas bénéficier du vaccin. Il aurait fallu réduire la quantité élevée de virus présent chez les animaux pour que le système immunitaire réponde au vaccin.

Une approche de traitement novatrice

Les chercheurs ont eu une nouvelle idée. Ils estimaient qu'une trithérapie permettrait de supprimer le VIS chez les singes, ce qui donnerait à leur système immunitaire le temps de se rebâtir. Mais ce n'est pas tout. Ils ont également décidé d'administrer la trithérapie de façon intermittente. Cette approche s'appelle couramment une IST — interruption structurée du traitement. Ils ont convenu d'administrer le traitement aux singes pendant trois semaines puis de l'interrompre pendant trois semaines, et ainsi de suite. Ce traitement intermittent devait durer plusieurs mois.

Le raisonnement derrière la mise à l'essai d'une IST fut le suivant : lorsque la trithérapie supprime le VIS, le système immunitaire n'y est pas exposé assez longtemps pour apprendre à le combattre; l'IST a pour effet de réexposer le système immunitaire au virus pour qu'il puisse réapprendre à se battre contre lui.

Certains singes devaient recevoir le vaccin DermaVir en même temps que la trithérapie. Les chercheurs ont planifié et réalisé une étude au cours de laquelle des singes porteurs du VIS ont reçu ce qui suit :

Résultats

De façon générale, les chercheurs ont observé que les singes du groupe DermaVir/trithérapie/IST bénéficiaient d'une baisse de la charge virale et d'une augmentation du taux de cellules CD4+.

Ces résultats prometteurs ont poussé les chercheurs à concevoir une étude sur une version de DermaVir renfermant du matériel génétique extrait du VIH. Cette première étude — appelée ACTG 5176 — est de petite envergure et vise à évaluer l'innocuité de DermaVir chez 24 sujets séropositifs sous trithérapie. Les participants doivent aussi avoir une charge virale inférieure à 50 copies et une numération des CD4+ d'au moins 350 cellules. Il est possible que les résultats de cet essai clinique ne soient disponibles avant 2004. DermaVir est développé par le Research Institute for Genetic and Human Therapy (RIGHT), une division de la Georgetown University, à Washington, DC.

Sean Hosein

RÉFÉRENCE

Lisziewicz J, Xu J, Lewis M, et al. DermaVir: a new topical DNA vaccine for the treatment of HIV/AIDS.Sixth International Congress on Drug Therapy in HIV Infection, 17-21 November 2002, Glasgow Plenary lecture 7.2

20021217
CATF-N20021203


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