

Depuis 1996, la grande disponibilité d’une thérapie combinée pour le VIH—une thérapie antirétrovirale hautement active (HAART)—a eu un impact dramatique sur la santé des personnes vivant avec le VIH. Dans les pays à revenu élevé, les décès attribuables à des complications associées au sida ont beaucoup diminué, du moins chez les personnes sous soins et traitements. Le bénéfice de la multithérapie antirétrovirale est si important que plusieurs équipes de recherche ont estimé que les jeunes adultes séropositifs commençant aujourd’hui une thérapie devraient avoir une espérance de vie quasi normale. Face à ces bonnes nouvelles, des sondages au Canada et en France ont observé que les femmes séropositives envisagent de plus en plus la possibilité de fonder une famille.
Les étapes suivantes réduisent grandement la possibilité de transmission du VIH de la mère à l’enfant :
Dans les pays à revenu élevé, ces étapes peuvent réduire le risque de transmission à moins de 2 %.
Cependant, selon les chercheurs du nord de l’Alberta, dans certaines parties du Canada et des États-Unis, certains facteurs peuvent contribuer à des taux de transmission du VIH plus élevés de la mère à l’enfant :
De 1999 à 2006, entre 800 et 1 100 personnes séropositives ont vu leur santé surveillée par le Northern Alberta HIV Program. Les risques de transmission du VIH pour cette population incluaient :
Afin de réduire le risque de transmission du VIH de la mère à son enfant, le HIV Program in Northern Alberta fait appel à une approche sophistiquée, regroupant une équipe de soin de santé pour la mère incluant :
L’équipe se réunit régulièrement pour assurer une étroite surveillance et offrir un soutien personnalisé répondant aux besoins de femmes séropositives dont le mode de vie peut être chaotique. De plus, au cours de la première année de vie du bébé, une préparation pour nourrisson est offerte gratuitement.
Le dépistage constitue un élément clé de tout programme de prévention du VIH. En Alberta, le dépistage du VIH dans le cadre d’analyses sanguines de routine est offert aux femmes enceintes. Depuis 1998, les femmes enceintes en Alberta peuvent opter pour que leurs prélèvements sanguins ne soient pas testés pour le VIH. Cependant, les dossiers indiquent que plus de 95 % des femmes de cette province optent pour ce test.
Les chercheurs ont récemment évalué l’efficacité du Northern Alberta HIV Program en matière de prévention de la transmission du virus de la mère à l’enfant. Leurs observations suggèrent que le programme est très efficace. Cependant, d’autres occasions pour faire des tests supplémentaires de dépistage du VIH chez les femmes enceintes sont nécessaires, par exemple au cours des étapes de la grossesse plus avancées ou même durant l’accouchement. L’impact de tels tests sur la protection de l’enfant contre l’infection devrait aussi être évalué.
L’équipe de recherche a étudié les données relatives à la santé recueillies de femmes séropositives et de leurs bébés entre janvier 1999 et mars 2006. L’équipe s’est concentrée sur les résultats de 98 femmes ayant eu 111 bébés (certaines des femmes ont eu des jumeaux ou plus d’une grossesse).
Le profil moyen des femmes ayant participé à cette étude était comme suit :
Les principaux groupes ethno-raciaux étaient :
Les principaux facteurs d’infection au VIH étaient :
Les femmes ont divulgué avoir les comportements d’usage de drogues suivants durant leur grossesse :
Environ 53 % se savaient être séropositives avant de devenir enceintes. Mais une grande partie de ces femmes ne se savaient pas être infectées avant que le test de dépistage de VIH ne soit fait à l’un des moments suivants :
Au cours des années 1999 à 2006, les médicaments anti-VIH étaient de plus en plus prescrits durant la grossesse. Cependant pour 16 % des grossesses durant cette période, ces médicaments n’étaient pas prescrits pour certaines des raisons suivantes :
Alors que commençait la collection des données en 1999, la limite inférieure que les essais pouvaient détecter avec précision était de 400 copies. Bien que les tests de la charge virale s’améliorèrent à une date ultérieure pour atteindre aussi peu que 50 copies, les chercheurs ont maintenu la limite inférieure originale de 400 copies pour assurer la constance des résultats.
Au moment où les femmes donnaient naissance, 72 % avaient une charge virale inférieure au repère de 400 copies. Parmi les femmes dont la charge virale n’était pas supprimée on note les raisons suivantes :
Une partie critique de la réduction de la transmission du VIH est d’administrer l’AZT par voie intraveineuse à la mère pendant son accouchement. Dans 78 % des cas, l’AZT était ainsi administré. Lors de 5 % des naissances le médicament anti-VIH névirapine (Viramune) était administré. Pour les autres femmes, les dossiers médicaux ne sont pas clairs quant à ce qu’elles aient ou non reçu de l’AZT. Dans certains cas où l’AZT par voie intraveineuse n’a pas été administré, les circonstances suivantes peuvent avoir été un facteur :
Dans le nord de l’Alberta, les nouveau-nés sont considérés être infectés par le VIH lorsque deux tests d’amplification en chaîne par polymérase (ACP/PCR en anglais) effectués sur des échantillons prélevés à au moins quatre semaines d’intervalle s’avèrent positifs.
Les nouveau-nés sont considérés séronégatifs lorsque deux tests ACP effectués sur deux échantillons sanguins—le premier au moins un mois après la naissance, et le second au moins quatre mois après la naissance—s’avèrent négatifs.
La séropositivité des bébés pour lesquels les résultats de deux tests d’ACP consécutifs n’existent pas est considérée équivoque pour ce qui est de l'infection au VIH.
La plupart de bébés (74 %) de cette étude sont nés après une gestation de neuf mois et 75 % des bébés avaient un poids inférieur à la normale. La séropositivité des bébés au VIH était comme suit :
La mère d’un des bébés qui s’est avéré séropositif avait été séronégative lors de sa grossesse précédente un an plus tôt. Elle vivait dans une communauté éloignée et n’avait pas cherché à obtenir des soins prénataux pour sa deuxième grossesse. De plus, l'équipe des soins de santé ne l’avait pas considérée à risque élevé pour le VIH, de sorte qu’on ne lui offrit pas un test rapide de dépistage du VIH au moment de l’accouchement. Bien que les infirmières aient effectué le prélèvement sanguin pour le dépistage du VIH après la naissance, le test ne fut fait que plusieurs jours après la naissance.
Tenant compte que les femmes enceintes en Alberta peuvent refuser un test de dépistage du VIH, moins de 5 % se prévalaient de ce droit.
Des 111 bébés, il n’y a eu qu’un seul cas confirmé de transmission du virus de la mère à l’enfant, ce qui est moins de 1 %. Cette valeur est beaucoup plus basse qu’au cours de l'étude précédente effectuée en Alberta vers la fin des années 90 où 40 % des enfants naissaient infectés du VIH.
Une étude antérieure en Alberta s’appuyant sur des prélèvements sanguins anonymes de femmes enceintes, indiquait un faible nombre de femmes séropositives. Comme ces tests étaient anonymes—personne ne connaissait le nom des femmes testées ou les résultats de leur grossesse—la séropositivité au VIH de leurs enfants n’est donc pas connue.
Clairement, si l’on veut réduire les taux de transmission du VIH chez les enfants nés de mères séropositives, la recherche s’impose sur la raison qu’ont les femmes de refuser le test pour le VIH et sur les façons de les éduquer quant aux avantages de ce test (et des soins et des traitements en résultant) pour leur santé et celle de leurs enfants.
RÉFÉRENCES
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